Après un match heurté et confus le Havre se qualifie
HAVRE A.C. bat U.S. BOULONNAISE : 2 à 1.
ROUEN (de notre envoyé spécial). — Le beau temps avait bien voulu participer au match, et c'est par une température propice au football que les deux équipes vidèrent leur querelle.
Le terrain des Lilas est en excellent état lorsque M. Slawick donne le coup d'envoi au Havre A.C., Boulogne ayant gagné le toss et choisi le vent avec lui.
Les équipes étaient ainsi composées : Havre A. Club. — But : Postel ; arrières : P. Lenoble et Weiller ; demis : Ita, Lechanteux, Can- tais ; avants : Dormoy, Rehak, Lafaurie, Stadel- mann et Glémot. U.S. Boulonnaise. — But : Guillain : arrières : Millios et Salez ; demis : Bayeuz, Maeght et Hou- vault ; avants : Berr, Strati, White, Thorpe et Guillain.
La partie
Dès le coup de sifflet, le H.A.C. attaque et ac- quiert un corner, mais les défenseurs de Boulogne ont vite fait de dégager leur camp, et les avants nordistes partent à l'assaut. Le jeu est lent et faible en combinaisons! Nervosité des joueurs? Peut-être! On ne dirait pas que le match se dis- pute entre deux équipes de premier plan.
Il y a dix minutes que le match est commencé, lorsque Bloquel passe à Strati ; Lenoble est bien placé pour intercepter, mais manque le ballon ; Strati, qui a suivi, n'a aucune peine à marquer, Portel ne pouvant rien contre le shot.
Les partisans des Haemen sont désolés, leur en- thousiasme tombe, et les joueurs havrais font comme leurs supporters, ils somnolent!
Le jeu n'est pas meilleur, puis le Havre atta- que, mais ses avants sont lents et exagèrent les combinaisons... sur place. Pourtant ils obtiennent coup sur coup quatre corners, desquels ils ne pro- fitent pas. Et la mi-temps arrive sans que le score soit changé. La défaite des Boulonnais (Suite de notre article de 1re page.) La seconde mi-temps
Pendant le repos, les Boulonnais sont dans la joie, mais leurs adversaires sont confiants, et Rénier, puis Kimpton me disent : « Ça va aller mieux, nous gagnerons ». Dès le début, Boulogne part à l'attaque, mais Portel... avec le vent, dégage, et les avants havrais viennent inquiéter Guillain. Stadelmann fait un beau botté, Guillain met en corner.
Le jeu est plus vif et de meilleure qualité qu'au cours de la première mi-temps. Les hommes de Boulogne sont plus robustes, ils commettent fréquemment des charges irrégulières, que M. Sla- wick ne laisse pas passer... et le H.A.C. se porte résolument à l'assaut des buts boulonnais. Guillain fait bonne garde et rien ne passe. Pourtant 12 minutes après la reprise, Rehak passe à Glé- mot, qui centre, et Dormoy, qui s'est rabattu, botte sur la droite de Guillain, qui ne peut arrêter.
H.A.C., 1; Boulogne, 1.
Ce but stimule les Havrais, alors que Boulogne baisse de pied. Et la partie est dès ce moment un duel entre les avants « bleu foncé et bleu clair » contre les défenseurs « noir et rouge ». Il semble que le match va se terminer sur un score nul, et l'on s'apprête aux prolongations, lorsque Rehak perce au centre et botte sec, Guil- lain pare mais lâche la balle, qui pénètre dans le but.
Je vous laisse à penser quel est l'enthousiasme des milliers de Havrais qui ont fait le déplacement !
Quelques minutes après, l'arbitre siffle la fin. Le Havre A. Club jouera contre Tourcoing, à Amiens, le 7 février. Considérations
Rouen, 14 janvier (de notre envoyé spécial). — L'équipe qui pratiqua le meilleur jeu d'ensemble a gagné, car, individuellement, les Boulonnais ne furent pas inférieurs. Les Havrais ont paru lents et peu athlétiques. Portel est moyen, il est jeune encore. Weiller fut le meilleur arrière ; Cantais fut imprécis, il vaut mieux que ça. Lechanteux joua un match ordinaire, sans plus. Ita est meil- leur au centre qu'à l'aile. En avants, Rehak est de loin le footballer le plus brillant, mais il a le défaut des joueurs de son pays ; il est lent et trop personnel. Stadelmann manque de souplesse et tarde trop. Dormoy est effectif et mordant ; Gler- not et Lafaurie ont encore beaucoup à apprendre ; ça peut venir, car ils ne manquent pas de qua- lités.
A Boulogne, Guillain fit une bonne partie dans les buts : pourtant, il n'aurait pas dû lâcher le ballon lors du shot de Rehak. Millios est plus sûr que Salez : l'ensemble est robuste et décidé. Maeght est le meilleur demi d'un trio actif mais quelque peu brouillon. En avants, chacun joua pour soi ; Berr est un bon ailier, Strati l'ignora trop. White ne joua pas assez avec ses ailiers et Bloquel, qui fit une partie très ordinaire pour un joueur de sa classe, joua trop en l'air ; Guillain, à l'aile gauche, fit de bonnes choses, mais man- qua de perçant. M. Slawick dirigea excellemment ce match confus et heurté.
Les dirigeants du R.C. Rouen avaient fort bien organisé leur Stade en vue de cette partie. Après le match, le R.C. Rouen offrit une petite récep- tion aux joueurs des deux équipes, à l'arbitre et aux personnalités présentes. M. Chéron félicita les deux équipes, qui se déclarèrent enchantées du terrain, du public et de... l'arbitrage. — L. G.